CHARLINE VON HEYL, LE JOUR DE BOIRE EST ARRIVÉ, Le Consortium 14 mars - 31 mai 2009
Charline Von Heyl est une Allemande née à Mayence qui vit aujourd'hui à New York depuis plus de 10 ans. Pour sa première exposition personnelle en France, elle présentera de nombreuses peintures abstraites ainsi que des réalisations en papier incluant photocopies, collages et encres. Son travail a déjà fait l'objet de diverses expositions aux Etats-Unis et à l'étranger et plus récemment deux expositions personnelles au Dallas Museum of Art et au Vienna Secession. Plus d'informations : http://www.petzel.com/artists/charline-von-heyl/
HILARY LLOYD 27 juin - 6 septembre 2009 Vernissage le 26 juin à 18h
Crédits Photos: André Morin
Hilary Lloyd, est une artiste anglaise née en 1964 à Halifax qui vit et travaille à Londres. Son travail a déjà fait l'objet de diverses expositions monographiques en Europe, essentiellement à Londres, mais également au Kunstverein de Münich en 2006. De même, des expositions collectives comme les biennales de Venise en 2003, et de Lyon en 2007, marquent le parcours d’Hilary Lloyd. Pour sa première exposition personnelle en France, elle présente au Consortium un ensemble de vidéos émanant d’un dispositif technique complexe à l’approche sculpturale. L’art vidéo est un médium artistique utilisé et privilégié par un grand nombre d’artiste depuis environ 50 ans. Bien que popularisé dans les milieux artistiques dès les années 60 aux Etats-Unis et en Europe, c’est une technique assez inconnue et parfois dépréciée par le public. Pourtant, l’art vidéo reste aujourd’hui très sensible et ouvert aux apports des nouvelles technologies, qui lui permettent, sans cesse, de se renouveler et de se réinventer. Visiter l’exposition d’une vidéaste permet de se confronter et de réfléchir à notre façon d’appréhender les images en mouvement omniprésentes dans notre vie quotidienne. Hilary Lloyd propose au Consortium pour l’été 2009, un ensemble de Sept vidéos que l’on dira « abstraites » ou plutôt non figuratives, voire contemplatives. Ces sept vidéos représentent sept matières que l’artiste a filmées dans son atelier jouant avec la transparence de certaines ou les reflets du soleil sur d’autres. Ces vidéos nous confrontent à des tableaux abstraits animés où le regard peine à trouver le mouvement. Ces vidéos semblent jouer avec le temps et avec notre patience : nous qui sommes plutôt habitués aux défilements ultra rythmés des images télévisuelles. Ici, la lenteur –notion rare et complexe en art- est distillée dans les images et modifie clairement notre façon de les regarder et de les apprécier. Si il y a sept vidéos au Consortium, il y a surtout sept rythmes différents, qui vont presque du plus rapide au plus lent. Si la lenteur et l’apparente immobilité des œuvres peuvent nous surprendre, l’installation technique des projections surprend aussi grandement. Installation, qui loin de se rendre invisible -comme souvent dans ce genre d’exposition- affiche ici clairement sa présence et sa visibilité. L’accrochage relativement bas des vidéoprojecteurs induit le fait que passer devant l’image coupera le faisceau lumineux de la projection. Vous devrez donc choisir de couper ou de ne pas couper ce faisceau lumineux. En choisissant de l’éviter, vous serez soumis à un cheminement absurde, sorte de labyrinthe invisible ou de slalom entre les projecteurs. Si le fait de montrer des vidéos projetées ne relève pas vraiment à proprement parler de la technique «d’accrochage » d’une exposition (comme on peut en voir en peinture par exemple), l’approche sculpturale des éléments techniques des vidéos d’Hilary Lloyd induit une véritable dynamique dans l’espace de l’exposition. Si la réalisation des vidéos reste le geste premier de l’artiste, c’est bien le choix de l’emplacement des vidéos-projecteurs, des lecteurs de DVD et le cheminement des fils qui donne corps à l’exposition. L’installation de ces éléments, étant régie par un protocole très précis – sorte de rituel immuable pour l’artiste - , ne devrait pas rester invisible aux yeux du visiteur.
Avec le soutien de : ministère de la Culture et de la Communication, direction régionale des Affaires culturelles de Bourgogne, ville de Dijon, conseil régional de Bourgogne, conseil général de Côte d’Or.
Remerciements : Sadie Coles HQ, Londres - association Evelyne Encelot. www.sadiecoles.com
JOSH SMITH & SOPHIE VON HELLERMANN 19 septembre - 29 novembre 2009 au Consortium
L'exposition associe et confronte les œuvres de deux peintres de la même génération : Sophie von Hellermann (Munich, 1975, vit et travaille à Londres) et Josh Smith (1976, Tennessee, vit et travaille à NY). Tous deux partagent une approche de la peinture comme processus de création continue, un flux dont la quantité remet en cause la notion même de chef d'œuvre et ouvre des pistes pour ouvrir un espace pictural renouvelé. Pourtant, leur énergie et liberté communes s'expriment dans des projets radicalement différents.
Comme d'autres artistes de sa génération, von Hellerman s'autorise à puiser dans l'histoire de la peinture et des libertés progressivement acquises pour creuser sa voie singulière. A partir cet espace, l'artiste utilise la peinture comme un instrument qui lui permet tout à la fois de s'approprier et de s'absenter de la réalité. Les tableaux de Sophie von Hellermann condensent chacun une histoire, parfaitement contenue dans les limites du cadre, mais trouée de l'intérieur. Ces espaces vides donnent leur pouvoir d'évocation à ses œuvres, une capacité à absorber d'abord le regard avant d'ouvrir l'imaginaire et la mémoire de la sensation. Les sujets de sa peinture, essentiellement narrative, sont à l'intersection d'une histoire personnelle et d'une histoire collective qui nourrit son imaginaire, sans qu'une frontière bien définie existe entre les deux. Une exécution rapide et une production abondante, un style désinvolte, des narrations qui confondent son expérience quotidienne et des situations rencontrées dans la fiction ou dans l'histoire, un amalgame permanent entre le trivial et le grandiose sont autant d'instruments qu'elle utilise pour transgresser toutes les règles de la bienséance picturale.
Smith se réfère plus explicitement à une histoire de la peinture qui, dans son épuisement, pesait comme une menace castratrice sur ses aînés et qu'il transforme en un répertoire de formes, libre de droits. Avec ses références explicites à l'histoire de la peinture, son style « expressif », ses effets de signature et son absence de sujet, l'œuvre de Josh Smith pourrait paraître inactuelle. C'est que Smith refuse d'utiliser signes et sujets pour affirmer sa contemporanéité. Comme tous ceux auxquels il se réfère - Kirchner, Picasso, Haring ou Wool - Smith n'utilise pas la peinture pour illustrer un projet, mais choisit de penser « en peinture ». La quantité d'œuvres qu'il produit - un phénomène qu'il choisit de mettre en scène dans ses installations - témoigne de cette pensée en marche. Le tableau n'est pas envisagé comme le lieu clos d'un achèvement, mais comme une étape dans un processus continu de création. L'étanchéité de la frontière qui sépare l'original et de sa reproduction - déjà compromise depuis les années 60 par l'utilisation de la sérigraphie - est minée de l'intérieur par la prolifération des originaux. Cette stratégie permet à Smith de s'émanciper d'un système hiérarchique qui fait le tri entre œuvres majeures et œuvres mineures pour mettre en évidence le mouvement même de la création. Dans un monde de flux incessants, de marchandises et d'images, Smith parvient à proposer un flux alternatif, qui vient rompre la répétition du même. L'authenticité n'est pas à chercher du côté d'une subjectivité triomphante dont la signature et l'expressivité marqueraient le retour, mais d'une recherche frénétique où sujet et œuvre se coproduisent et se modifient sans cesse.
L'exposition s'articulera autour de la confrontation de quatre séries de peintures pour chaque artiste, choisies parmi leur production des 5 dernières années. Elles seront accompagnées d'un ensemble de sérigraphies réalisées en commun en 2005, de posters, de livres et de mobilier. L'ensemble composera à la fois une rétrospective et un espace dynamique de dialogue entre les œuvres de Smith et von Hellermann.
HOMMAGE A ROGER PASSET 16 décembre 2009 - 03 janvier 2010
Vernissage de l'exposition et présentation du livre Roger Passet, Photographe des éditions Terres en vuesle mercredi 16 décembre à 18h.
Roger Passet était photographe. Il aexercé la profession de photographe à Dijon, dans son studio de la rue Monge, travaillant pour la publicité, l'industrie et la commande privée de portraits. Il aaussi réalisé une oeuvre personnelle, faite d'exigence et de retenue, peu abondante, seulement connue des amis qui le fréquentaient. Certaines de ses images toutefois, un visage de femme en gros plan, un paysage qu'on ne peut situer et qui se remarquaient par leur tirage en noir et blanc, fortement contrasté et avec du grain, leur aspect mat, ainsi que par leur présentation, sans cadre, collées sur un support épais, ont été familières à beaucoup de passants dijonnais, parce qu'elles ont été montrées dans des vitrines de magasins du centre de la ville, une librairie réputée, un magasin de disques, rendez-vous de tous les amateurs de musique, ainsi que sur la porte de son immeuble, en guised'enseigne : Roger Passet a ainsi été présent pendant des décennies dans la vie quotidienne à Dijon, sans que sa personne même soit réellement connue.
Roger Passet était d'une nature complexe et originale. L'homme se montrait réservé et séducteur, ami des vignerons comme des peintres et des sculpteurs, sédentaire et adepte de voyages lointains, visuel et passionné par la musique et notamment le chant, peu loquace et aimant la discussion en particulier sur les sujets qui touchent à la création artistique. Son intérieur témoignait de ses goûts avec son mobilier contemporain et le soin apporté au choix des matériaux et des couleurs, ainsi qu'aux éclairages. Des galets parfaitement polis, associés à des morceaux de bois flotté, des objets africains voisinant avec des tableaux abstraits de ses amis accrochés au mur où se trouvaient également quelques-unes de ses photographies de grand format, composaient un ensemble très cohérent et qui dégageait une impression forte, celle d'exprimer un monde.
Ce monde, Roger Passet l’a vraiment traduit en le photographiant. Ses photographies ressortent de trois ensembles distincts et qui se font écho, appartenant aux genres habituels : le portrait, le nu, le paysage. La prise de vue est opérée avec un appareil Leica, le film en noir et blanc de format 24 x 36 est de sensibilité rapide, le cadrage précis. Mais l’essentiel résulte du travail en laboratoire qui vient ensuite, où l’image est recadrée ; le tirage effectué sur du papier mat et faisant apparaître le grain, jouant des contrastes ou privilégiant les dégradés. Rien qui soit improvisé ou qui traduise l’instantané : les visages, les corps comme les paysages sont posés. Roger Passet cherche à exprimer l’immuabilité, la permanence à travers ses images toutes composées, où ce sont les masses qui sont utilisées plus que les lignes, où la lumière vient animer l’ensemble. Les portraits montrent les visages en cadrage serré, immobiles, n’exprimant aucune psychologie : ils traduisent la présence. Les nus, corps entier ou partie de corps, statiques, mettent en valeur les volumes et leur modulation. Les paysages, généralement des panoramas, constitués de registres parallèles, portent l’accent sur les structures. Il s’agit d’une vision totalement maîtrisée, il s’agit d’un monde abstrait.
Roger Passet l’a voulu ainsi jusque dans sa présentation : il utilise des formats qui ont plus à voir par leur taille avec ceux de la peinture et qui sont inhabituels, souvent un rectangle horizontal allongé. Ses épreuves sont collées sur des supports rigides, parfois des panneaux montrant une épaisseur, afin de donner du corps à l’objet. Les photographies sont présentées au mur, sans cadre ni sous-verre. S’il s’agit toujours de photographie, il est autant question d’autre chose, qui pourrait être l’équivalent d’un tableau, être vu de lamême façon et procurer le même effet.